Divergences à Kinshasa sur l’intrusion de l’armée rwandaise en RDC


Une extension de la Biac à Kinshasa

Une extension de la Biac à Kinshasa

Pas un seul siège vide. Bousculade. Depuis des heures, des foules importantes de clients, debout devant les guichets, attendent d’être servis.

Aux aguets, des comptables publics se frottent déjà les mains. Sur les visages, désolation et énervement s’en mêlent. Ce tableau peint partiellement le décor observé depuis près de deux semaines, devant certaines banques commerciales à Kinshasa. Principalement celles qui prennent en charge la paie des salaires mensuels des agents et fonctionnaires de l’Etat.

Les non experts parlent en termes de faillite, évoquant le retard constaté dans la paie effective des salaires du mois d’avril en cours. Alors que leurs comptes ont été crédités depuis le 15 de ce mois.

À malin, malin et demi !

Les clients devant les guichets d'une banque à Kinshasa

Les clients devant les guichets d’une banque à Kinshasa

« Nous n’avons pas de liquidité. Il faut attendre. La situation pourrait être décantée dans l’après-midi », sont là des réponses que des caissiers des banques donnent à leurs clients qui désirent retirer de l’argent. Le plafond pour le retrait est fixé à 500 (pour le dollar américain) 1 million (pour le Franc congolais). Cette politique bancaire, conçue pour essayer de servir tout le monde, n’arrange cependant pas les gros clients qui se sentent bloqués.

Comme pour contourner ces restrictions des banques, certains de leurs clients font la ronde des agences. Ainsi, par exemple, pour retirer 5000$Us, ils se voient obligés de retirer le même montant dans différentes agences, tout en respectant le plafond.

« Si j’avais… », ainsi lâche une dame, visage renfrogné et agent de l’Etat, rencontrée mardi au sortir d’une banque commerciale au centre- ville de la capitale, d’où elle espérait retirer sa prime mensuelle du mois d’avril courant. En colère et bordereau de retrait à la main, un autre agent de service public s’interroge : « comment comprendre que l’accès à mon propre compte bancaire devienne un casse-tête ? ». Ces deux cas sont loin d’être isolés.

Ce spectacle désolant qu’offrent certaines banques commerciales de Kinshasa à leurs clients, risque de freiner cet élan de la culture bancaire. Pourtant le système bancaire en RD Congo a quelque peu mis fin à la thésaurisation. Depuis plus d’une décennie, les Congolais de Kinshasa ont rompu avec la thésaurisation de la monnaie au profit d’une culture bancaire émergente. Ce changement de mentalité est l’une des conséquences positive du boom bancaire observé dans le pays. Principalement à Kinshasa où certaines transactions sont facilitées moyennant une carte bancaire électronique.

Mais, à partir du moment où toutes ces banques perdent la confiance de leurs clients, il y a donc risque de faire marche arrière. La population risque de renouer avec ses anciennes habitudes : garder l’argent à la maison. La situation actuelle des banques requiert donc des mesures urgentes pour freiner la dangereuse allure d’une descente aux enfers que semblent prendre certains établissements de placement. Pour l’instant, plus d’un Congolais a l’œil rivé sur le Gouvernement national. Tout donc. Sauf le retour aux Comptables de l’Etat.

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