Reconnu coupable par la CPI, Bemba risque jusqu’à 30 ans d’emprisonnement


Jean-Pierre Bemba à la CPI,  lundi 21 mars 2016

Jean-Pierre Bemba à la CPI, lundi 21 mars 2016

Jean-Pierre Bemba est reconnu coupable de crimes contre l’humanité et crimes de guerre pour les viols et meurtres commis en Centrafrique, entre 2002 et 2003.

Les juges de la Cour pénale internationale ont affirmé, lundi 21 mars que, l’ancien vice-président de la République démocratique du Congo (RDC), est responsable de crimes contre l’humanité et crimes de guerre pour les viols et meurtres commis par sa milice en Centrafrique, en 2002-2003.

Selon la juge Sylvia Steiner, « Jean-Pierre Bemba agissait de fait en tant que commandant militaire et avait le contrôle effectif de ses troupes en Centrafrique pendant toute la durée de l’opération ». « Il est coupable de crimes contre l’humanité et de crimes de guerre », ajoute-t-elle.

Toutes les charges ont été retenues contre Jean Pierre Bemba qui avait toujours plaidé non-coupable à l’ouverture de son procès en novembre 2010. Il appartient au juge de décider la peine qui lui sera infligée. Géraldine Mathioli, de Human Rights Watch a déclaré sur VOA Afrique que, « Bemba va rester en détention », arguant que « la peine n’a pas été prononcée car à la CPI, il s’agit d’une audience séparée, d’un processus séparé qui va prendre encore quelques semaines. C’est la même chose pour les réparations ».

30 ans de détention ?

Elle ajoute que « les victimes ont la possibilité de demander réparation lorsqu’une personne est trouvée coupable. Ce processus se fera aussi dans les semaines qui vont suivre à la CPI ». La sentence de Bemba sera prononcée à une date ultérieure par la CPI. Le sénateur congolais risque jusqu’à 30 ans de détention ou la prison à perpétuité, si les juges estiment que l’ « extrême gravité du crime » le justifie.

A Kinshasa, c’est une déception totale pour les militants du MLC pour qui ce verdict était le seul espoir si jamais il tournait en faveur de leur leader. Cependant, c’est « un sentiment de satisfaction parce que le jugement a été rendu à l’unanimité des juges », a confié à VOA Afrique, maître Marie Edith Douzima, l’une des avocates des victimes centrafricaines.

C’était la première affaire à la CPI, qui siège à La Haye, qui se concentrait sur l’utilisation de viols et violences sexuelles en tant qu’armes de guerre et le premier procès où un chef militaire était tenu responsable des atrocités commises par ses hommes même s’il ne les a pas ordonnées. C’est aussi le quatrième jugement pour la CPI, fondée en 2002 pour juger les pires crimes commis à travers le monde et le premier contre un ancien vice-président.

Ancien chef rebelle du nord de la RDC, Jean-Pierre Bemba est poursuivi, non en tant qu’auteur ni co-auteur mais, en tant que « chef militaire », en vertu du principe de la « responsabilité du commandant ».

En octobre 2002, environ 1.500 hommes en armes de l’ancien chef rebelle s’étaient rendus en Centrafrique pour soutenir le président Ange-Félix Patassé, victime d’une tentative de coup d’Etat menée par le général François Bozizé. Là, ses troupes ont « violé, pillé et tué », a expliqué la juge.

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