RDC : le divorce est consommé entre J. Kabila et Moïse Katumbi


j.Kabila et M.Katumbi

j.Kabila et M.Katumbi

Le divorce est bel et bien consommé entre le Gouverneur de l’Ex province du Katanga, Moise Katumbi chapwe et sa famille politique, le PPRD. Il a, par la même occasion, démissionné également du gouvernorat. Moïse Katumbi accuse le pouvoir d’avoir mis « tout en œuvre pour ne pas respecter la Constitution » de la République.

Dans un communiqué rendu public, mardi 29 septembre 2015 à Lubumbashi, Moïse Katumbi a annoncé qu’il quitte le Parti du peuple pour la reconstruction et le développement (PPRD), cher au président Joseph Kabila. Il annonce également sa démission au gouvernorat du Katanga.

« Au moment où nous, peuple congolais, entrons dans la dernière ligne droite du dernier mandat constitutionnel du président de la République, les faits indiquent que depuis maintenant un an, tous est mis en œuvre pour ne pas respecter la Constitution en entretenant retard, flou et illisibilité du cycle électoral et en élaborant une stratégie de glissement des dates des scrutins », explique-t-il.

« Après la tentative de changer l’article 220, pourtant verrouillé de notre Constitution, après l’échec des Concertations nationales, à l’ordre du jour figure maintenant un projet de loi portant sur les modalités d’organisation d’un référendum qui renforce encore la confusion », poursuit Moïse Katumbi.

Il s’oppose « fermement à tout prétexte pour retarder les élections », fustigeant ainsi « l’absence d’État de droit », « le recul généralisé des libertés individuelles, la hausse du niveau d’intolérance politique dont la nation est victime ». Et d’énumérer les « arrestations arbitraires de militants pro-démocratie », les « interdictions de sortie de films », les « interdictions de toutes sortes », les « répressions policières de plus en plus violentes »…

« Décision responsable »

C’est une « décision responsable de Moïse Katumbi », selon Olivier Kamitatu, ex-ministre du Plan récemment révoqué pour une lettre conjointe adressée par sa plateforme (le G7) au président Kabila, lui demandant de respecter la Constitution. Pour lui, la décision de ce gros poisson du PPRD, « apporte un appui déterminant à tous ceux qui veulent dresser un horizon d’espoir au peuple ».

Les commentaires fusent sur la toile depuis l’annonce, par Moïse Katumbi, de sa démission. Le Mouvement citoyen de Lutte pour le changement « Lucha » qui a réagi sur son compte Twitter pense que, « Moïse Katumbi rejoint le camp de ceux dont la loyauté à notre Nation, nos aspirations, surpasse la loyauté à un mortel ».

L’on se demande comment cette famille politique pourra gérer l’ex-Katanga sans l’appui de Moïse Katumbi, Mwando Nsimba, Gabriel Kyungu, Vano Kiboko (en prison), Jean-Claude Muyambo (en prison) ; le Sud-Kivu sans le soutien de Vital Kamerhe et Dr Mukwege, le Maniema sans Pierre Lumbi, le Nord-Kivu sans le concours de Mbusa Nyamwisi (en exil) et Enerst Kyaviro (en prison), l’Equateur sans José Endundo, le Bandundu sans Olivier Kamitatu et Adolphe Muzito etc.

Triste fin de règne ?

Le scénario de fin de règne de Joseph Kabila fait penser à celui d’un de ses prédécesseurs, le feu Maréchal Mobutu, abandonné par ses « cadres » au lendemain de la fin du monopartisme, le 24 avril 1997, puis lâché progressivement par tous ceux qui lui conseillaient une sortie politique honorable, par l’organisation d’élections où il ne serait pas candidat, après 32 ans de règne, au lendemain de la Conférence Nationale Souveraine.

« Le pouvoir vient du peuple et uniquement de lui », soutient l’ex-gouverneur du Katanga qui relève « les manifestations de janvier 2015, au cours desquelles de jeunes compatriotes ont perdu la vie ». Se sont de « dérives inacceptables » qui motivent explique-t-il, sa décision de « prendre ses distances avec le PPRD et d’en assumer toutes les conséquences ».

Le désormais ex-célèbre de tous les gouverneurs de Provinces justifie sa rupture avec son ancienne famille politique par son refus de cautionner toute prolongation de mandat présidentiel, comme il l’avait déjà fait savoir, en son temps, à travers la métaphore du « 3ème penalty » imaginaire que l’arbitre (la Centrale électorale) semble vouloir accorder à une équipe (Majorité), qui était déjà bénéficiaire de deux faux penaltys dans le passé (Elections présidentielle non transparentes de 2006 et 2011).

Par ailleurs, de l’avis de certains analystes, la décision de Katumbi précéderait l’annonce de sa candidature à la présidentielle de 2016. Tout porte à croire aussi que Moïse Katumbi recevrait le soutien de la Communauté internationale. Qu’à cela ne tienne, des rebondissements importants sont attendus sur l’arène politique dans les prochains jours en RDC.

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