Les relations très tendues entre le Gouvernement congolais et la Monusco


Martin Kobler et Joseph Kabila au Palais du peuple de Kinshasa, en août 2013

Martin Kobler et Joseph Kabila au Palais du peuple de Kinshasa, en août 2013

Les relations entre le Gouvernement de la RDC et la MONUSCO sont « très tendues », selon Martin Köbler, chef de la Mission onusienne en RDC.
Le Représentant spécial du Secrétaire général de l’ONU en République démocratique du Congo (RDC) a reconnu, mercredi 25 mars, que les rapports entre les deux parties étaient très « tendus ». Ce n’est pas pour autant, dit-il, que les troupes onusiennes vont plier bagages en catastrophe. Il y a nécessité, a-t-il souligné, pour les deux parties d’harmoniser au plus vite leurs vues pour venir à bout de la pieuvre qui ronge la partie Est du pays, en proie à l’insécurité qui ne dit pas son nom. Cette façon de voir les choses ne semble pas être partagée par le pouvoir de Kinshasa.

Cependant, le dossier est en discussion très avancée au Conseil de sécurité de l’Onu qui s’en est saisi. Une décision de sa part est attendue déjà ce soir, pour fixer l’opinion sur le renouvellement ou non du mandat de la Monuco ainsi que de la réduction « sensible » de l’effectif de son personnel sur le territoire congolais, telle que voulue par les autorités de ce pays. Ainsi, de cette décision dépendra l’avenir des troupes onusiennes en RDC. Mais, elle aura aussi dans une certaine mesure, des conséquences sur le futur proche de la RDC.

Pour Martin Köbler, les sévices imposés à la population civile vivant dans l’Est du pays, sont si énormes qu’il est imprudent de rompre brutalement tout soutien de la Monusco. C’est ensemble, pense-t-il, tout en continuant d’appuyer l’armée dans l’effort de pacification que la Monusco pourrait négocier son départ. Il est prévisible qu’après tous les efforts et sacrifices consentis en RDC, la Mission onusienne n’est pas prête à quitter précipitamment le sol congolais.

La MONUSCO encore « salutaire »

L’appel est à la fois poignant et pressant au point de susciter plusieurs réactions dans le microcosme politique en RDC, notamment, dans l’Opposition. Les dernières en date sont celles des Forces novatrices pour l’union et la solidarité (Fonus), de Joseph Olenga Nkoy et de Sami Badibanga, président du groupe parlementaire de l’UDPS et Alliés.
« Nous sommes perplexes au sujet de la position prise par notre Gouvernement pour le départ de la MONUSCO de notre territoire, alors que l’apport de cette dernière nous est encore salutaire pour la sécurisation de notre Peuple », a déclaré le leader des Fonus. Il pense que « le mandat de la Monusco qui prend fin ce 31 mars 2015 devra être revu en fonction de l’évolution de la situation sur terrain et la réalisation des objectifs fixés ».

« La situation est encore alarmante, en dépit des traques des FDLR par le Gouvernement de la RDC », souhaitant que la Monusco « nous accompagne dans le processus d’alternance au pouvoir jusqu’à l’installation du nouveau Président élu qui, avec son Gouvernement et l’appui des représentants du Peuple, feront l’évaluation objective du maintien ou du retrait progressif de la MONUSCO », a affirmé Olenga Nkoy.

Clarification le mandat

Pour sa part, Sami Badibanga soutient que, le mandat de la Monusco doit être certes renouvelé, mais, « avec une nette clarification de son mandat ». Selon lui, « au regard de la situation actuelle caractérisée par les opérations contre la multitude des groupes armés et les élections qui profilent à l’horizon dont l’opposition appréhende des contentieux et des troubles, en plus de la problématique du découpage du pays en 26 provinces, il est impérieux de maintenir un contingent important de la MONUSCO ».

Badibanga ajoute que, « même si certains réclament la fin de cette mission, il ne faudra pas retirer plus de 10% (soit 2.000 hommes) du contingent actuel, mais ne se limiter qu’au personnel non essentiel ». Pourtant, Kinshasa ne l’entend pas de cette oreille. En décembre dernier, le chef de l’Etat, Joseph Kabila, avait ouvertement exprimé son désir de voir la Monusco réduire sensiblement sa présence en RDC. Il était temps, disait-il, « de mettre fin à la présence totalement élastique des troupes des Nations unies sur le sol congolais ».

La ligne d’attaque étant dès lors tracée, la déclaration de Joseph Kabila est devenue par la suite une affaire de tout le gouvernement. A Kinshasa, l’artillerie s’est mise en place pour des négociations directes avec les autorités onusiennes en vue d’obtenir le retrait total, sinon partiel des troupes de la Monusco.

Par ailleurs, le Conseil de sécurité a apparemment un point de vue contraire. Le départ précipité n’est pas à l’ordre du jour. Les Nations unies estiment que la RDC demeure encore un Etat fragile, si bien que l’abandonner au moment où les efforts de plus d’une décennie tendent à produire des effets, c’est la précipiter vers l’hécatombe. Elles n’écartent pas cependant, l’idée d’un départ dans un proche avenir.

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