La malnutrition infantile « reste un défi majeur » en RDC


Un enfant souffrant de malnutrition aigue admis à l'hôpital général de référence de Kalemie

Un enfant souffrant de malnutrition aigue admis à l’hôpital général de référence de Kalemie

Selon l’UNICEF, la malnutrition infantile « reste un défi majeur » en République démocratique du Congo, en dépit des progrès réalisés par ce pays en matière de développement.

Le Dr Pascal Villeneuve, représentant du Fonds des Nations unies pour l’enfance (Unicef) en RDC, a déclaré lundi 02 janvier 2015 à la presse, que son Institution veut faire de la lutte contre la malnutrition infantile une des priorités de son action locale.

« De ce côté-là, il faut bien admettre qu’il n’y a pas eu beaucoup de progrès depuis un certain nombre d’années puisque 43% d’enfants de moins de cinq ans ont un retard de croissance », a fait remarquer le Dr. Villeneuve, citant une récente étude sur la santé en RDC. Il précise que « le retard de croissance est associé à un certain nombre d’handicaps en terme de développement cognitif, de moindres performances scolaires », et il est « important pour le développement d’un pays de vraiment s’attaquer à cette question ».

En RDC, l’Unicef souhaite également intensifier ses efforts dans le cadre d’un programme international baptisé « Scaling up Nutrition » (Renforcement de la nutrition), auquel Kinshasa a adhéré en 2013. Ce programme cherche notamment à favoriser l’allaitement maternel exclusif jusqu’à six mois et à promouvoir un allaitement maternel continu, associé à une alimentation appropriée et nutritive jusqu’à l’âge de deux ans.

Il passe aussi par une aide à l’accès à des aliments enrichis et une prise en charge de la malnutrition chronique. Grande comme près de cinq fois la France et richement dotée en ressources naturelles (mines, bois, eau), la RDC est un des pays les moins développés au monde. La grande pauvreté y est la règle pour la quasi-totalité de la population.

Parmi les progrès notables sur le plan du développement humain réalisés par le Congo, le Dr Villeneuve a salué la baisse de la mortalité infantile, qui a chuté de 30% entre 2007 et 2013, mais qui frappe encore un peu plus d’un enfant sur dix avant l’âge de cinq ans, et la hausse du taux de scolarisation à l’école primaire (80%).

Situation délicate dans le Tanganyika

La situation nutritionnelle dans le district du Tanganyika, particulièrement dans le territoire de Kalemie (Nord-Katanga), « demeure très délicate », selon une dernière  évaluation humanitaire faite dans cette partie du pays. A en croire cette étude, cette situation est causée par un grand nombre de déplacés fuyant des conflits armés et vue la délicatesse de la situation humanitaire dans cette zone, « la situation nutritionnelle mérite d’être évaluée ».

Car, indique-t-on, cette situation a un impact négatif considérable sur la production agricole alimentaire et sur la situation nutritionnelle de la population. Les données des enquêtes menées entre 2012 et 2013 par le Programme national de nutrition de la RDC (PRONANUT), le Programme alimentaire mondial (PAM) et d’autres partenaires de l’UNICEF révèlent que 9 zones de santé sur les 11 que compte le district du Tanganyika ont été confirmées comme « zones de crises nutritionnelles avec le taux de malnutrition aiguë globale (MAG) inférieur à 11 % et le taux de malnutrition aiguë sévère (MAS) inférieur ou égal à 2 % ». Seules les deux zones de santé du territoire de Moba avaient une MAG égale à 7,4%.

Au moins 46 949 enfants malnutris étaient attendus dans le district du Tanganyika, au cours de deux dernières années de conflits armés dont 22 489 enfants en 2012 et 24 460 en 2013. Les territoires de Manono et de Nyunzu comptent en elles seules plus de 50% avec au moins, « 13.849 enfants, 9.835 malnutris pour Manono (40,2%) et 4.014 (16,4%) pour Nyunzu », selon l’UNICEF.

Par ailleurs, environ 21.413 enfants (46%) ont été pris en charge respectivement 12.836 enfants, soit 57% en 2012 et 8.577 enfants (35%) en 2013. Jusqu’en avril 2013, 854 cartons de Pliumpy Nut ont été remis aux partenaires pour assurer la prise en charge de 1.025 enfants malnutris et la disponibilité au niveau de Pronanut des intrants pour la prise en charge des 1.400 enfants malnutris, souligne l’UNICEF.

 

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