HRW : « Les droits humains devraient figurer sur sa liste de sujets à aborder avec les dirigeants africains » au sommet USA-Afrique


Barack-Obama, au Sommet USA-Afrique

Barack-Obama, au Sommet USA-Afrique

L’Ong internationale Human right Watch (HRW), invite le président américain, Barack Obama, à insister auprès des dirigeants africains, présents au Sommet États-Unis-Afrique, « pour mettre un terme à la répression dans divers pays ».  

Elle est d’avis, dans son rapport publié lundi 04 août 2014  à Washington, que « les droits humains devraient figurer au cœur des discussions du sommet  ».

« Les graves problèmes de l’Afrique en matière de droits humains semblent avoir été relégués à l’arrière-plan du Sommet États-Unis. Mais, les objectifs de ce sommet en matière de développement et de sécurité sont étroitement liés aux questions de la répression, de la corruption et de l’État de droit. Le président Obama devrait placer clairement les droits humains sur sa liste de sujets à aborder avec les dirigeants africains », estime son directeur de la division Afrique, Daniel Bekele.

HRW, pour qui les questions relatives aux droits humains sont une priorité, soutient que « les préoccupations en matière de droits humains ne devraient pas être reléguées aux rencontres tenues en marge du sommet ».

L’Ong fait remarquer que « nombre d’entre les chefs d’Etats africains ont approuvé des lois qui répriment la liberté d’expression et ont utilisé les prétextes d’atteinte à la sûreté nationale de diffamation ou de violation de lois antiterroristes pour mener des poursuites contre des écrivains indépendants, des manifestants et des militants qui critiquent les politiques gouvernementales ».

Pour l’Ong américaine, toutes les déclarations publiques et privées de l’administration Obama, critiquant les gouvernements africains ayant recouru à des méthodes répressives, sont restées lettre morte.

En outre, elle affirme que « ces déclarations ne reflètent pas une approche politique plus large qui pourrait aider à mener à l’abrogation ou la modification substantielle des lois répressives ».

Elle cite, notamment, le président Eduardo Dos Santos qui, depuis plus de 30 ans,  gouverne l’Angola. « Il a utilisé les actions pénales basées sur la diffamation, les arrestations arbitraires et la force brutale de la police pour réduire au silence les médias et les citoyens du pays », accuse-t-elle.

A en croire HRW, « presqu’aucune voix indépendante ne s’exprime publiquement au Rwanda ». « Les journalistes et les militants ayant critiqué le gouvernement du président Paul Kagame ont été menacés, poursuivis, emprisonnés, contraints à l’exil, et même tués », affirme-t-elle.

L’administration Obama n’aurait « pas fait assez »

HRW accuse l’administration Obama de n’avoir pas fait assez pour appuyer des enquêtes et des poursuites dans plusieurs cas d’ « exécutions extrajudiciaires, des disparitions forcées, des viols et d’autres violations graves au Kenya, en Ouganda, en Ethiopie et au Nigéria ».

Au contraire, ces Etats « bénéficient de solides partenariats bilatéraux sur le développement et d’une assistance importante en matière de sécurité », s’indigne-t-elle.

L’Ong soutient que, « dans une grande partie de l’Afrique, la corruption endémique et la faiblesse des systèmes judiciaires minent systématiquement les droits des citoyens ; le pouvoir judiciaire, qui pourrait atténuer certaines atteintes aux droits humains dans de nombreux pays africains, est négligé ou manipulé, ce qui permet à une dangereuse culture de l’impunité de s’enraciner ».

De l’avis de HRW, « les responsables de violations graves des droits humains, de corruption et de répression soutenue par l’État sont rarement l’objet d’enquêtes et traduits en justice ». Une situation, croit-elle savoir, « qui laisse aux victimes peu d’espoir de recours juridique ».

Par ailleurs, Daniel Bekele relève que « le Sommet des dirigeants des États-Unis et de l’Afrique est une occasion unique pour le président Obama de prendre le parti des peuples africains et non des dirigeants répressifs ».

 Il en conclut que « le commerce, les investissements et l’amélioration de la sécurité au niveau mondial, questions cruciales au programme de ce sommet, ne se réaliseront que si les droits humains et l’État de droit sont respectés ».

 

 

 

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