HRW recommande à la RDC de « prendre des engagements concrets en faveur de la justice pour les victimes de viol »


Fille violée (Photo internet)

Fille violée (Photo internet)

L’Ong internationale de défense des Droits de l’homme Human Rights Watch (HWR) recommande, dans un rapport publié mardi, à la RD Congo et aux autres pays présents au Sommet mondial de Londres sur la nécessité de « mettre fin aux violences sexuelles dans les conflits » qui se tient du 10 au 13 juin, de « prendre des engagements concrets en faveur de la justice pour les victimes congolaises ».

Ce rapport de 27 pages, intitulé « Mettre fin à l’impunité pour les violences sexuelles : Nécessité d’un nouveau mécanisme judiciaire pour traduire les responsables en justice », décrit certains des cas les plus graves de viols de masse et d’autres formes de violence sexuelle commis en RD Congo au cours des dernières années par l’armée congolaise et par des groupes armés non gouvernementaux. Il met aussi en évidence l’insuffisance des efforts fournis pour traduire leurs auteurs en justice.
Selon Ida Sawyer, chercheuse senior sur la République démocratique du Congo à HRW, « des dizaines de milliers de femmes, de filles, d’hommes et de garçons de l’est de la R D Congo ont été victimes de violence sexuelle au cours des deux dernières décennies ».

A son avis, « cette violence sexuelle généralisée ne prendra fin que lorsque les responsables seront poursuivis et que le gouvernement fera clairement comprendre aux militaires, aux officiers, aux combattants de groupes armés, et aux chefs de guerre que le viol est un crime qui entraîne de très lourdes conséquences pour tout individu responsable. »

« Des groupes armés ont enlevé et détenu des femmes et des filles pour les réduire en esclavage sexuel ; ont attaqué les victimes avec des machettes et d’autres armes, et ont pris pour cible des fillettes n’ayant pas plus de 2 ans et des femmes de plus de 80 ans », affirme le rapport.

Stigmatisation et peur d’être rejetées

A en croire HRW, « bon nombre de victimes ont souffert de graves complications médicales, et certaines sont décédées des suites de leurs blessures ; des groupes armés et des militaires ont également utilisé le viol pour +punir+ les civils appartenant à un groupe ethnique particulier, ou ceux accusés de soutenir +l’ennemi+ ».

Alors que « la stigmatisation et la peur d’être rejetées » animent certaines femmes et filles, elles se réservent de signaler le viol dont elles ont été victimes. D’autres, par contre, ne bénéficient pas de services psychosociaux ou médicaux nécessaires à cause du fait qu’elles vivent dans des zones reculées du pays.

Human Rights Watch relève que « beaucoup de victimes ont été menacées par leurs agresseurs ou par des membres du groupe armé ou de l’unité militaire de ces derniers pour les dissuader de chercher à obtenir justice ».

L’ONG souligne qu’ « au cours des dernières années, les autorités congolaises ont procédé à un nombre croissant d’arrestations et de poursuites pour viol, mais la vaste majorité des viols demeurent impunis ».

Un nouveau mécanisme judiciaire en RDC

Le Bureau conjoint des Nations Unies aux droits de l’homme (BCNUDH) en RDC avait enregistré 187 condamnations pour violence sexuelle prononcées par des tribunaux militaires entre juillet 2011 et décembre 2013. Parmi les condamnés, quatre étaient membres de groupes armés. Les autres étaient des militaires, des policiers ou d’autres agents de l’État. Sur les 136 militaires condamnés, seuls trois étaient des hauts gradés, tous lieutenants-colonels.

« Une proposition gouvernementale visant à la mise en place de chambres spécialisées mixtes pour les crimes les plus graves, entre autres les crimes de violence sexuelle, pourrait renforcer l’obligation de rendre des comptes pour les actes commis et mérite dès lors un soutien international », a fait remarquer HRW.

L’ONG souhaite que ces chambres soient établies au sein du système judiciaire national congolais avec la participation, pour une période limitée, de juges et autres personnels internationaux. « Elles auraient pour mandat de réprimer les crimes de guerre, les crimes contre l’humanité et les actes de génocide perpétrés en RDC depuis 1993 », précise-t-elle.

Pour Ida Sawyer, « les nombreuses victimes de crimes de violence sexuelle commis au cours des conflits en RDC méritent que justice leur soit rendue ».

« Les pays participant au Sommet mondial devraient appuyer la mise en place d’un nouveau mécanisme judiciaire en RD Congo chargé de traduire en justice les individus impliqués dans ces effroyables crimes, notamment les commandants qui en définitive, sont responsables de ces atrocités », conseille-t-elle.

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