Martin Kobler : « Les expulsions doivent suivre les standards humanitaires »


Martin Kobler, chef de la Monusco

Martin Kobler, chef de la Monusco

Le représentant spécial du Secrétaire général des Nations Unies en République démocratique du Congo (RDC) a, au cours d’une visite rendue aux ressortissants de la RDC expulsés du Congo-Brazzaville et installés sur le site de transit de Maluku (Est de Kinshasa), déclaré que « les expulsions doivent suivre le standards humanitaire international ».

Pour améliorer les conditions d’accueil de ce site de transit érigé au sein du Centre interdisciplinaire de la Police nationale congolaise (PNC) dans la commune de Maluku, Martin Kobler pense qu’ « il ne faut pas pérenniser la situation ». Car, dit-il, « c’est très difficile de gérer un camp des expulsés du point de vue hygiénique ».

Il a encouragé le gouverneur du Bas-Congo qui a volé au secours des ressortissants de  sa province en mettant à leur disposition des bus pour les ramener dans leurs milieux d’origine.

Selon le patron de la Monusco, « il faut, en priorité, que les deux pays fassent des investigations bilatérales, et on va les soutenir ».

A son avis, la RDC et la République du Congo doivent aussi « discuter » aussi bien sur la situation d’autres rd Congolais vivant encore à Brazzaville que sur des viols et violences perpétrés sur eux par les services de sécurité du Congo.

Il a indiqué que la section des Droits de l’homme de la Monusco est déjà sur le site, pour des interviews avec les femmes et filles victimes mais, aussi, pour recueillir des informations nécessaires. « Notre préoccupation est de sauvegarder le standard international, même si on a des expulsions », a-t-il expliqué.

Sur place, les différentes agences du système des Nations unies travaillent d’arrache-pied. Notamment, dans la construction des installations sanitaires et tout ce qui concerne l’hygiène.

L’Unicef, par exemple, apporte un appui technique et financier ainsi que le renforcement des capacités à la Croix-Rouge et au ministère de la Santé publique, « en vue d’avoir un milieu qui soit assaini », selon Brigitte Edro, cluster wash national à l’Unicef.

« On a assisté les enfants d’une semaine et les mamans qui avaient accouché de l’autre côté du fleuve. Il y a une tente spécialement pour ces mamans qui viennent d’avoir leurs bébés. Mais, cela reste un problème en matière de protection», a-t-elle indiqué.

Les expulsés reçoivent également des tentes et des intrants (92 sacs déjà). En cas de coupure d’eau, l’Unicef a installé des citernes pour le stockage d’eau.

Sur le plan de la santé, il y a au sein de ce site une bonne infrastructure avec la présence de Médecins Sans frontières (MSF), Médecins d’Afrique, la clinique mobile et le centre de santé.

Eviter le choléra sur le site

« On fait tout pour les enfants surtout, en ce qui concerne la vaccination contre la rougeole. Cependant, il faut tout faire pour éviter le choléra dans ce site. Parce que, s’il y a le choléra ici, il arrive à Kinshasa »,  a prévenu Brigitte Edro. Car, a-t-elle précisé, « il y a deux ans, Maluku était une zone frappée par cette maladie».

Le transfert des expulsés de Brazzaville sur le site de Maluku, où les interventions humanitaires ont commencé le 01 mai 2014, a débuté le 13 mai 2014 alors que les expulsions massives des Congolais de Kinshasa du Congo-Brazzaville ont débuté le 5 avril.

Il faut noter que la coordination et la gestion du site est effectuée par le ministère des Affaires sociales, de l’Action humanitaire et de la Solidarité nationale avec le soutien de l’Organisation internationale de migration (OIM).

Le premier bateau pour Mbandaka est parti avec 610 personnes 

Limambe, l'un des expulsés malade dans le site de Maluku qui attend son transfert à Mbandaka

Limambe, l’un des expulsés malade dans le site de Maluku qui attend son transfert à Mbandaka

Pour l’heure, le rapatriement de la majorité des expulsés, qui sont originaires de l’Equateur, est le défi majeur. Le voyage Kinshasa-Mbandaka-Kinshasa dure deux semaines.

Le premier bateau a quitté Kinshasa samedi 17 mai 2014, avec à son bord 610 personnes. Le gouvernement central a promis un second bateau, prévu pour vendredi 23 mai.

Entre-temps, les personnes vulnérables et les malades originaires de l’Equateur attendent impatiemment la concrétisation de cette promesse. C’est le cas de Limambe (la cinquantaine) souffrant de paralysie.

Il est couché sur sa petite éponge, les paroles ne sont pas audibles lorsqu’il parle. « J’ai quitté Mbandaka en 1981, je n’ai pas de famille là-bas. Je voudrais avoir un peu d’argent pour faire le deuil de mes parents, une fois arrivé dans ma ville natale », a-t-il confié.

Un autre problème est celui du doute qui persiste sur les statistiques réelles de ces expulsés sur le site de Maluku. Toutes les sources interrogées à ce sujet n’ont pas voulu se prononcer, disant que « seule la Direction générale de migration (DGM) est en droit de donner les chiffres ».

« Même si je connais la vérité, je ne suis pas autorisé  à le dire. Les chiffres fournis par la DGM ne sont pas cohérents », a confié à Lepotentielonline.com un agent humanitaire, alléguant « une contradiction entre les chiffres de la DGM et la réalité sur terrain ».

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