Procès de Minova : la Cour ordonne la libération de 5 des 39 prévenus, faute de preuves


Procès des femmes violées

Procès des femmes violées

La Cour militaire a ordonné mardi 10 décembre 2013 à Minova la libération de cinq des 39 prévenus, faute de preuves. Ces soldats des Forces armées de la République démocratique du Congo (FARDC) sont accusés de graves violations des droits de l’homme, dont des viols massifs commis en novembre 2012 au Nord-Kivu.

N’ayant trouvé aucun procès verbal ni aucune trace de preuves de cinq prévenus dans le dossier d’instruction, le juge n’a eu d’autre choix que d’ordonner la liberté de ces soldats arrêtés en avril 2013 dans la localité d’Uvira, au Sud-Kivu.

Le Ministère public, qui assure avoir bien auditionné ces personnes, a indiqué que leurs dossiers n’avaient pas été transférés à la Cour de Goma (capitale provinciale). Certaines sources soutiennent l’hypothèse selon laquelle « ces documents se seraient perdus en de route ».

Entre-temps, l’instruction est en cours depuis plusieurs mois. Une semaine à peine, après le début de ce procès emblématique, la défense constate un « manque de rigueur, un cafouillage qui fait tache », a confié à RFI un avocat des victimes.

A ce jour, six prévenus ont été entendus à la barre sur les accusations de violations des consignes, divagation et pillages. Tous ont confirmé avoir entendu des tirs d’armes de l’armée congolaise et parfois constaté des pillages. Cependant, ils affirment n’y avoir « pas  participé ».

Par ailleurs, la partie la plus délicate du procès n’a pas encore commencé. Elle porte sur les accusations de viols et se tiendra à huis clos en présence des victimes, une fois l’audition de tous les prévenus terminée.

Ces soldats sont poursuivis pour avoir violé, en novembre 2012, près de 200 femmes dans la région de Minova, au moment où l’armée régulière fuyait la progression des rebelles du M23.

Lors de l’audience qui a repris lundi 09 décembre, les soldats ont reconnu qu’il y avait eu des actes de pillages, sans pour autant admettre leur implication dans les agressions sexuelles.

Selon maître Silvestre Bisimwa, avocat du collectif de défense des victimes, « c’est déjà un premier pas ».

« Les auditeurs ont établi qu’il y a eu des crépitements des balles qui ne provenaient pas de l’armée ennemie. On peut en déduire que ces crépitements de balles provenaient des soldats FARDC. Les auditions d’aujourd’hui ont permis de démontrer qu’il y a eu des pillages, des divagations des militaires et des violations des consignes. Pour nous, ce sont des éléments essentiels qui confirment les exactions dont on a parlé », a confié mardi 10 décembre à RFI, Silvestre Bisimwa.

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