L’ONU met en garde le M23 contre toute offensive dans l’Est de la RDC


Ban Ki-moon, secrétaire général de l'ONU

Ban Ki-moon, secrétaire général de l’ONU

Les représentants de l’Organisation des Nations Unies (ONU) en République démocratique du Congo (RDC) et dans la Région des Grands-Lacs, ont fait part  dans le huis clos, au Conseil de sécurité d’un « renforcement militaire du côté du M23 comme des forces armées congolaises autour de la ville de Goma », alors que les pourparlers de Kampala ont échoué. Rejetant la responsabilité de cet échec de Kampala sur le M23, l’Onu met ainsi, ce dernier en garde contre toute offensive dans l’est de la RDC.

Pour certains observateurs, cette mise en garde et le constat de l’Onu d’un renforcement militaire autour de Goma, présagent une éventuelle reprise des combats entre les Forces armées de la RDC (FARDC) et le mouvement rebelle.

Selon RFI, l’envoyée spéciale de l’ONU pour les Grands-Lacs, Mary Robinson et le représentant spécial du secrétaire général de l’ONU en RDC, Martin Kobler, avaient confié que, « le M23 n’était manifestement pas prêt à conclure un accord avec Kinshasa et a fait traîner les négociations ».

Ente temps, la Mission de l’Onu pour la stabilisation en RDC (Monusco) craint aussi une avancée des Forces démocratiques de libération du Rwanda (FDLR) si le M23 reprenait la sienne.

La brigade d’intervention de l’ONU mise en place pour neutraliser les groupes armés dans l’est de la RDC, sera une fois de plus mise à rude épreuve, si cette offensive se produisait.

Le secrétaire général de l’Onu, Ban Ki-moon, nous dit RFI, a appelé le président rwandais, Paul Kagame, et son homologue ougandais, Yoweri Museveni, pour leur demander de « pousser le M23 à accepter un accord ». Selon RFI, le président rwandais aurait également reçu un coup de fil du secrétaire d’Etat américain John Kerry.

Trois points de blocage dans les discussions de Kampala

Les discussions entre la délégation de la RDC et celle du M23 devraient normalement reprendre mardi 22 octobre 2013. Le M23 et le gouvernement congolais ont publié un communiqué lundi 21 octobre dans la soirée, pour réaffirmer la volonté mutuelle d’avancer, mais au bout de dix mois les points de divergence restent réels. Cependant, chaque camp accuse l’autre du blocage des pourparlers à ce jour.

Trois sujets bloquent encore le processus des négociations : la question du désarmement, celle de l’amnistie des rebelles, mais surtout le problème de la réintégration des ex-rebelles dans l’armée.

Le gouvernement congolais refuse un engagement global, le M23 lui ne veut pas d’une intégration dans l’armée sur critères sélectifs au cas par cas. Le mouvement rebelle souligne huit sujets sur onze, dont « la transformation du M23 en groupe politique, la libération des prisonniers ou encore le rapatriement des refugiés ».

Par ailleurs, Kinshasa veut absolument éviter tout risque de récidive comme par le passé, c’est-à-dire, qu’un traité de paix soit suivi d’une nouvelle rébellion. Le M23 ne veut pas d’un accord qui propose comme seule option le démantèlement complet de son mouvement sans contrepartie.

Finalement, personne ne semble prêt pour la paix et sur le terrain, chaque camp s’est d’ailleurs largement réarmé ces derniers jours.

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