François Misser : « Pour construire Inga III, il faut stabiliser le Soudan, la Centrafrique et la RDC elle-même »


 La cartographie d'Inga

La cartographie d’Inga

La construction d’Inga III  étant relancée, un barrage d’une puissance de 4.800 MW, exige la stabilisation de la RD Congo, du Soudan et de la République centrafricaine.

« Il faut, d’une part, stabiliser le Soudan et la Centrafrique et sans doute une stabilisation au niveau de la gouvernance du Congo lui-même, d’autre part », a expliqué à RFI dimanche 30 juin 2013 François Misser, auteur de « La Saga d’Inga » publiée aux éditions L’Harmattan.

Sa vocation est à la fois de desservir le marché national mais aussi, le marché régional et, en particulier, l’Afrique du Sud, à laquelle est destinée plus de la moitié de sa capacité de génération.

Le projet-phare et pharaonique de l’Afrique du 21ème siècle, qu’est le Grand Inga III, nécessite un certain nombre de conditions pour sa réalisation, dont « les défis du financement ».

De l’avis de François Misser, « on est en train de voir en Ethiopie qu’avec le concours de la Chine les choses, qui semblaient irréalistes il n’y a pas si longtemps, sont en train de se faire ». Pour y parvenir, « il faut d’abord réunir les capitaux ».

Selon les estimations de la Banque africaine de développement (BAD), le coût global s’élève à 12 milliards USD. Or, constate François Misser, « la BAD vient tout juste d’évoquer des crédits pour structurer tout ce projet ».

 « L’Afrique et le Congo en ont besoin »

« Je suis absolument persuadé que ce projet va se faire parce que l’Afrique et le Congo en ont besoin. D’après les études faites par le consultant canadien SNC-Lavalin, l’énergie d’Inga III serait la moins chère du monde, de l’ordre de 2 cents d’euro du kilowattheure. Ce n’est vraiment pas du tout cher. Cela amène à sur croître la compétitivité pour le Congo et l’Afrique du Sud son principal client », rassure François Misser.

Le barrage d’Inga III sera la première phase d’un vaste projet qu’est le « Grand Inga » qui pourrait être la solution au problème de la pénurie chronique d’électricité en RDC.

« Grand Inga apportera la solution à la RDC, où actuellement seulement 9% de la population ont accès à l’énergie. Grand Inga, dont la capacité est estimée aux alentours de 40.000 MW, apportera aussi une solution à l’Afrique toute entière », a soutenu l’invité de RFI.

L’Organisation des Nations Unies pour le développement industriel estime que, d’ici 2030, il faut une capacité de génération supplémentaire de 80.000 MW si l’on veut arriver à l’objectif de l’énergie pour tous en Afrique.

Grand Inga, qui représente à lui seul la moitié de cette puissance (40.000 MW) pouvant aussi desservir l’Afrique de l’Ouest,  est un outil « absolument stratégique ». Car, il est prévu une interconnexion via le Gabon et le Cameroun vers le Nigéria, une autre vers l’Egypte à travers la Centrafrique et le Soudan ainsi qu’une liaison avec l’Ethiopie.

 « Les grands pays émergents, dont la Chine, l’Inde et le Brésil, voient grand et très grand. D’ailleurs, les autres grands barrages existants les plus importants sont ceux des Trois-Georges en Chine et d’Itaipu au Brésil. Et c’est cela qu’il faut avoir en tête », a insisté François Misser.

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