Oscar Rachidi : «La corruption gangrène tous les secteurs économiques de la RDC »


 

 

Logo de la lutte contre la corruption

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Le président de la Ligue contre la corruption et la fraude en République démocratique du Congo (LICOF), Oscar Rachidi, a affirmé jeudi 16 mai sur les ondes de RFI que «la corruption gangrène tous les secteurs économiques de la République démocratique du Congo (RDC) ».

 

« La corruption ne fait qu’avancer. Il n’y a jamais eu du recule parce que la corruption gangrène tous les secteurs économiques de la RDC. Même dans les banques on voit la corruption à ciel ouvert», a-t-il répondu à la question de savoir si la corruption avait avancé ou reculé en RDC.

 

Le secteur minier congolais gangréné

 

Le point noir en RDC étant généralement le secteur minier, les compagnies sous-évaluent leurs concessions et les revendent à « des sociétés de complaisance basées dans  des paradis fiscaux »pour échapper à l’impôt,.

 

Il y a six mois, le Fonds monétaire international (FMI) avait rompu avec la RD Congo à cause du « manque de transparence dans les transactions minières ». « Le secteur minier aujourd’hui, se trouve entre les mains des indiens, des libanais et des chinois. Et c’est une sonnette d’alarme que  j’appuie pour que le président de la République soit informé que les responsables qui sont autour de lui s’organisent pour piller systématiquement la RDC », a affirmé Oscar Rachidi.

 

A en croire les calculs d’Africa Progress Panel de Koffi Annan, « cinq transactions de ce type ont causé une perte de plus d’un milliard dollars américains à l’Etat congolais ».

 

Oscar Rachidi pense que certaines mesures draconiennes du chef de l’Etat sont indispensables et peuvent constituer d’une parade contre ce fléau, estimant que la position du FMI à l’égard de l’Etat congolais « peut pousser le gouvernement à ce qu’il y ait plus de transparence ».

 

Le chemin de fer congolais, autre secteur gangrené

 

Le président de la LICOF a déploré que se soient « volatilisé » les 218 millions USD débloqués par la Banque mondiale pour la Société nationale des chemins de fer congolais (SNCC).

 

« Je suis syndicaliste à la SNCC. Mais jusqu’aujourd’hui, on n’a acheté aucune locomotive, aucune voiture à voyageur, aucun wagon. Même pas un mètre de chemin de fer n’a été réfectionné, au moment où les agents de la SNCC souffrent et font cinq mois pour toucher leurs salaires », a-t-il expliqué.

 

« Il y a un taux de mortalité élevé à la SNCC au niveau des agents et de leurs familles. Et il y a des divorces en cascades, parce que  la femme, si elle reste à la maison sans manger, elle va se prostituer. Dans ce cas, c’est soit le mari qui déclare le divorce, soit c’est la femme qui décide de s’en aller », a-t-il relevé.

 

Selon Oscar Rachidi, « l’impunité caractérise notre système, même dans les banques où l’argent destiné à la paie des fonctionnaires est détourné par certaines autorités, au lieu qu’il serve à l’amélioration des conditions de vie des fonctionnaires qui touchent aujourd’hui 40 ou 50 dollars ».

 

Avant le système de bancarisation qui est une innovation du Premier ministre Matata Ponyo, les raquettes de chefs de bureaux sur les salaires des fonctionnaires et de l’armée, constituaient également un autre fléau dans notre pays.
« Les députés sont impliqués dans la corruption »

 

 « Les députés on les connaît ! Ils sont impliqués dans la corruption. Comment voulez-vous qu’un député puisse demander un émolument de 14.000 dollars pendant qu’un fonctionnaire touche 40 dollars ? », s’est interrogé Oscar Rachidi.

 

Soutenant que « le vote d’un parlementaire congolais peut s’acheter », il a mis en garde contre toute tentative d’un éventuel projet de révision de la Constitution.

 

« Nous titrons encore la sonnette d’alarme pour dire que la révision de mla Constitution ne peut se faire qu’au niveau du référendum et non au niveau du Parlement.  Si  l’on ose faire ça, par exemple, revoir le mandat du président de la République qui était limité à deux pour le revoir à trois ou quatre, là l’on aura la colère de la population », a averti le président de la LICOF.

 

A son avis, « changer la constitution sans aller au référendum sera une catastrophe parce que la population n’acceptera pas », faisant remarquer « la Constitution a été votée au niveau référendaire ».

 

« S’il y a modification, on doit la soumettre à la sanction populaire », a-t-il estimé.

Sur le plan international, la RDC est placée au 167ème rang  sur  176 pays. Et c’est dans ce difficile combat contre la corruption qu’est engagée la LICOF qui publie, chaque année, un rapport sur l’état de la corruption en RDC.

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